C'est quoi ici ?

La plupart des écrivains font leurs livres chiants pour faire croire qu'ils sont longs disait Frédéric Dard.
Mais alors les écrivains qui font des livres longs, ils les font pas chiants pour qu'on les trouve courts ? Et les livres courts qui ne sont pas chiants, ça s'explique comment...
Et la poulette dans tout ça, elle est bien cachée ?
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Amsterdam : le quartier rouge et ses drogues douces vs le NDSM

En juin, mon amoureux et moi on s’est fait un petit périple nordique. Après la pointe de la Bretagne, ses plages de cailloux pleines de vent et vides de touriste, ses goélands agressifs, ses kouign-amann roboratifs et ses fruits de mer incomparables, nous avons filé droit sur la Suède qui, il faut le dire, d’un point de vue gustatif est très loin de la Bretagne… Mais là n’est pas le sujet. La Suède viendra plus tard, place d’abord à la première étape : Amsterdam.

Pour notre deuxième passage dans la plus charmante des capitales du monde (je n’ai certes pas vu tout le monde dans le monde, mais elle est ma préférée pour le moment, donc ainsi soit-il), nous avons commencé par vagabonder à la recherche d’une pâtisserie délicieuse découverte par hasard lors de notre première visite — que nous n’avons jamais retrouvée, à notre grand désespoir — puis nous avons décidé de nous éloigner un peu pour faire une pause dans le Vondelpark, et nous avons fini, comme de bien entendu, dans le très fameux quartier rouge, au milieu des touristes épatés par les damoiselles dans les vitrines, des odeurs qui restent encore et toujours illégales dans notre pays et des rabatteurs pressés de vendre une table pour deux dans leur bistrot.

La première journée a été agréable, mais la soirée… n’a pas été géniale. Je n’aime pas le quartier rouge, il est plein de touristes à la recherche de sensations fortes, il est loin d’être le plus joli d’Amsterdam, on peut à peine marcher sur les trottoirs, les odeurs finissent par être un peu étouffantes, et l’ambiance est bien loin de certains quartiers beaucoup plus agréables comme les alentours de l’immense Rijksmuseum ou on trouve des tas de galeries d’art — si on ose y entrer, c’est carrément des musées gratuits, avec parfois de très belles surprises —, ou encore le petit coin de paradis plein de fleurs et de petites rues toutes plus pittoresques les unes que les autres qu’est le quartier Jordaan.

Pour être un peu plus tranquille (début juin, le centre d’Amsterdam grouille littéralement de foules de touristes), le lendemain on a décidé de s’éloigner un peu du centre de la vieille ville qu’on commençait à connaître, et on a pris le bateau dès le début de la journée, direction le quartier NDSM (Nederlandsche Dok en Scheepsbouw Maatschappij). Premier point positif, le bateau est gratuit et il ne faut compter qu’une quinzaine de minutes pour, après avoir croisé un ancien sous-marin qui trône à l’entrée du port, être abandonné dans un coin un peu perdu. On voit au loin des appartements construits dans des containers entassés les uns sur les autres, peint en bleu, rouge ou orange avec un côté industriel bobo et ludique, assez graphique dans le paysage. Devant nous, il n’y a que les anciens hangars à bateaux, une grue gigantesque, des containers, et le vide un peu gris, typique d’un quartier anciennement industriel. Il est assez tôt et il fait plutôt moche, on est quasiment tout seul dans le coin, c’est silencieux, un poil inquiétant, on se lance.

A vrai dire, si on ne sait pas trop à quoi s’attendre, ce quartier est assez déroutant.  On était un peu perdus au milieu de ces bâtiments immenses à l’air un peu abandonnés, et on ne savait pas vraiment ce qu’on cherchait. Notre guide touristique sur lequel on avait cessé de compter ne nous aidait pas du tout puisqu’il ne parlait que très peu de ce quartier (voire pas du tout si je me souviens bien), et on avait un peu choisi ce coin par hasard, pour voir Amsterdam « autrement ».

C’est en se baladant au hasard qu’on est rapidement passé de la perplexité à un étonnement enthousiaste devant le côté incroyable de ce NDSM. Les hangars à bateaux sont devenus des toiles gigantesques, chaque pan de mur, cailloux, container qui traîne dans le coin est tagué ou gribouillé et tout est prétexte à l’expression artistique. Les tags typographiques chevauchent les portraits ou les dessins d’illusions d’optique, les couleurs sont criardes, pastels, fluo et le noir et blanc croise parfois la route de dégradés (un peu trop) osés. On a envie d’avoir les yeux partout et de prendre tous les murs en photo, c’est un vrai musée du street-art à ciel ouvert, et gratuit. C’est absolument génial.

Et c’est loin d’être terminé, parce qu’après avoir fait le tour du plus grand hangar, on fini par en trouver l’entrée et l’intérieur est encore plus impressionnant. C’est devenu un espace artistique dans lequel se sont installés des tas d’ateliers et bureaux, et surtout, dans lequel des artistes en tout genre viennent créer et exposer gratuitement leurs œuvres. Le genre de lieu ou on peut aller tous les mois sans jamais se lasser, et sans savoir ce qu’on va y trouver.

Au moment ou on y est allés, deux artistes s’acharnaient à déplacer leur échafaudage pour peindre les immenses toiles qu’ils accrochaient ensuite au plafond du hangar. On a pu profiter de celles qui étaient déjà en place, entourés par l’odeur de la peinture en bombe avec laquelle ils réussissaient à travailler avec une précision assez incroyable. Dans plusieurs coins, sous de vieilles chaînes qui pendouillaient ou à côté de machines rouillées étaient installés des dessinateurs sur leur petits tabouret, concentrés dans leur travail, en train de dessiner au crayon la perspective de ce lieu totalement ahurissant.

Avant de retourner prendre le bateau, on a terminé notre tour en passant devant un bar célèbre des alentours qui ne nous a pas convaincu plus que ça, et on a préféré rejoindre le quai par des chemins détournés. Là on est tombés nez à nez avec des vieux wagons qui semblaient aménagés, planqués derrière l’immense grue devenue un hôtel, et entourés de containers entièrement recouverts de graffitis en tout genre.

Le quartier est dit alternatif, je ne suis pas fan du terme, mais il est clair que c’est assez atypique et surtout, qu’on est très loin de l’univers pittoresque et historique des canaux et des vieilles maisons tordues du centre ville. J’ai adoré ce coin et cette matinée qu’on a passée là-bas, c’était calme tout en étant totalement fouillis et déstructuré, le quartier vaut vraiment le détour, même si on ne sait pas ce qu’on va y trouver tant tout semble posé là par hasard et prêt à être déplacé à tout instant.

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