C'est quoi ici ?

La plupart des écrivains font leurs livres chiants pour faire croire qu'ils sont longs disait Frédéric Dard.
Mais alors les écrivains qui font des livres longs, ils les font pas chiants pour qu'on les trouve courts ? Et les livres courts qui ne sont pas chiants, ça s'explique comment...
Et la poulette dans tout ça, elle est bien cachée ?
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10 août 2017 Romans captivants

Trois grands classiques que j'ai aimé lire

Les grands classiques de la littérature, j’en ai subit quelques-uns pendant mes belles années de fac de lettres. Et entre Les misérablesMadame Bovary, Les mémoires d’Outre-tombe, et bien d’autres, je dois avouer que bon nombre de ces bouquins me sont un peu sortis par les yeux. Victor Hugo n’a certes pas la folie de la description autant que ce satané Balzac, mais il aime quand même prendre son temps, Flaubert a tendance a nous ennuyer à mourir même s’il s’en sort nettement mieux que certains de ses contemporains, et Chateaubriand lui, m’a définitivement fait détester les mémoires, quant aux autres… C’est un peu pareil. Je pourrais citer des dizaines de livres étudiés en fac que j’ai lus avec désespoir, voire même, pas lus du tout !

Mais au milieu de ce fourbis de bouquins dont les profs sont capables de dégoûter même les plus passionnés des lecteurs, certains livres réussissent à devenir des classiques qu’on aime et qu’on est pas peu fier d’avoir lus jusqu’au bout (je n’ai jamais pu finir Les misérables…). Sont-ce les enseignants qui sont mauvais ou les livres qui sont datés ? J’aurais tendance à penser que celui ou celle qui se tient sur son estrade face aux 300 étudiants de l’amphi a un rôle majeur à jouer dans notre perception de l’œuvre. La preuve avec le premier roman de la liste…

Ce livre est un condensé de tout ce que je n’aime pas dans la littérature classique : des descriptions à n’en plus finir, un héroïne parfois d’une pudibonderie incommensurable, un style tellement XVIIIe siècle, une histoire d’amour qui frise le ridicule… Et surtout, un auteur parfaitement classique que je n’avais pas la moindre envie de découvrir : Marivaux. Au premier semestre de la même année, j’avais déjà dû affronter Balzac et Montesquieu, et j’avais pris l’habitude d’acheter des livres juste pour les poser bien en évidence sur ma table en cours pour faire genre. Donc j’ai bêtement acheté La vie de Marianne. Et histoire de dire que j’avais quand même fait un effort, j’ai commencé la lecture tranquillement (concernant Balzac, j’avais réussi à lire les 30 premières pages seulement), suivi le cours avec le même enthousiasme vaguement curieux que d’habitude, et contre toute attente, cette fois, la sauce a pris. Entendez ici simplement que le prof s’est montré convaincant et le roman est passé comme une lettre à la poste.

La vie de Marianne est un roman autobiographique fictif dans lequel la jeune et très belle Marianne raconte son ascension sociale. Orpheline ignorante de ses origines, elle est convaincue d’être née aristocrate, en témoignent ses manières et son naturel qui malheureusement ne suffisent pas à lui accorder la place qu’elle mérite dans la société. Son caractère tendre et sa douceur séduisante lui permettront cependant d’obtenir le respect et l’amour de ses contemporains. Ses réflexions sur la noblesse et la société dans laquelle elle évolue permettent à Marivaux de critiquer son temps et les mœurs de l’aristocratie tout en déployant son style unique et vivement critiqué à son époque. La vie de Marianne est cependant un roman qu’on prend plaisir à lire si l’on en saisit toutes les subtilités, soit en profitant d’une étude approfondie de l’ouvrage par un expert capable de partager sa passion pour l’œuvre. Il ne faut donc pas hésiter à compléter la lecture par quelques études faisant la lumière sur ce roman dense et bien plus complexe qu’il n’y parait.

Avant d’être charmé par le talent de Marivaux, il est vrai que j’avais déjà aimé d’autres grands classiques littéraires, et en réalité il y en a plus de trois que j’ai pris plaisir à lire (heureusement). Mais même si j’ai apprécié la compagnie de Voltaire, Molière, Rabelais, La Fontaine ou Racine chez les français et Hemingway, Faulkner, Gogol, Beckett, Salinger ou bien Kafka en dehors de nos frontières je ne les ai jamais trouvé aussi passionnant que le merveilleux Shakespeare. Et encore une fois, je dois ma découverte de ce grand classique du théâtre anglais à une excellente prof croisée en licence de lettres, et qui a eu l’idée de nous faire étudier La Genèse et Hamlet.

Que dire d’Hamlet qui n’a pas déjà été dit ? Qui ne connait pas l’histoire de ce torturé jeune homme n’aspirant qu’à venger la mort de son père tué par son oncle désormais marié à sa mère et qui se retrouve martyrisé au cœur d’une histoire qui tient à la fois de la tragédie grecque et du polar ? Qui n’a pas déjà mimé son désespoir en déclamant avec emphase sa célèbre question « Être ou ne pas être… ? », et qui n’a pas lu un livre ou une bande dessinée, vu un film ou une série qui ose un clin d’œil à l’une des plus célèbre pièce de théâtre de tous les temps ? Hamlet est probablement l’une des œuvre littéraire les plus connues au monde, mais combien ont réellement versé une larme en lisant la mort d’Ophélie, ont sourit face au désarmant humour (toujours ces anglais…) de l’auteur qui, dans une des plus grandes tragédie, ose la légèreté populaire ou ont été horrifié face à une obsession implacable pour la mort et la déchéance ? En bref, combien ont eu le courage de se plonger dans cette pièce de théâtre, pour en sortir récompensé par le plaisir incroyable d’avoir découvert une histoire qu’on relira encore et encore jusqu’à peut-être, un jour, finir par la comprendre ? S’il faut lire une seule pièce de théâtre dans sa vie, il me parait évident que c’est Hamlet qu’il faut choisir.

Par contre, il ne faut pas oublier que Shakespeare, sans la tragédie grecque, ne serait jamais devenu « le plus grand poète, dramaturge, écrivain de la culture anglaise » (c’est Wikipédia qui le dit), alors, après un passage dans le XVIIIe siècle français, une escale dans le XVIe anglais, remontons encore un peu le temps pour rejoindre les grecs et aller faire un tour, non pas dans le théâtre, mais carrément dans l’épopée.

Et quand il s’agit d’épopée, qui mieux qu’Homère peut nous donner une bonne leçon et nous faire plonger au cœur d’une histoire d’hommes et de Dieu, d’aventures et de passion, de courage et de désespoir. L’Odyssée  qui est plus ou moins une suite de L’Iliade — a été écrite par ce bon vieux Homère aux environs du -VIIIe siècle, et raconte le retour dans sa patrie du héros Ulysse après l’interminable guerre de Troie. C’est dans L’Odyssée qu’est racontée pour la première fois le célèbre épisode du Cheval de Troie, imaginé par Ulysse qui, grâce à son stratagème ingénieux, mis fin à la guerre et fit gagner les grecs. Suite à cette victoire, les valeureux guerriers doivent donc s’en retourner auprès de leur famille, et Ulysse prend la mer pour atteindre Ithaque, son île bien aimée sur laquelle l’attendent sa fidèle épouse Pénélope et son fils Télémaque. L’Odyssée, alors titre de l’œuvre et devenu aujourd’hui un nom commun, est une chanson, un récit de voyage, un roman d’aventure, un mythe, en bref, un texte fondateur qui peut revendiquer sans prétention son rôle de très solide base de toute la littérature que nous connaissons aujourd’hui. Lire L’Odyssée, c’est remonter le temps, retourner aux sources de la littérature et y découvrir un texte qui n’a rien du vieux blabla poussiéreux qu’on imagine. Au contraire, cette aventure se lit beaucoup plus facilement qu’on pourrait le croire et, même si, sans une étude approfondie et un excellent prof (ce que j’ai eu la chance d’avoir également pour découvrir ce texte), on ne saisit pas toute l’essence des vers, l’aventure, l’épopée du grand Ulysse est plaisante à suivre. Il est vrai que la lecture de L’Iliade avant peut aider à comprendre bon nombre de références, et qu’un connaissance de la mythologie grecque est aussi utile, mais il est probable que, même sans ce bagage, la lecture de ce monstre de la littérature soit malgré tout un vrai moment de plaisir.

Ne me reste plus, maintenant, qu’à me replonger dans Zola dont quelques atroces profs de français du collège m’ont dégoûté, ce que je regrette encore et toujours, parce que, contrairement à Balzac que je suis convaincue de détester, Zola pourrait bien réussir à me séduire un de ces jours… Affaire à suivre.

 

L’œuvre d’art (honteusement recadrée) qui illustre cet article est un tableau impressionniste d’Edgar Degas. Zola avoue s’être inspiré de plusieurs tableau du peintre pour bon nombre de ses descriptions, notamment dans son célèbre roman L’assommoirL’absinthe lui a par exemple permis d’écrire : « Trois semaines plus tard, vers onze heures et demie, un jour de beau soleil, Gervaise et Coupeau, l’ouvrier zingueur, mangeaient une prune, à l’Assommoir du père Colombe ».

 

 

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